Grands Peintres - De Giotto à Veermer

Peintres - De Giotto à Veermer

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Description des illustrations

Illustration  
L'image représente la crucifixion de jésus au centre entouré de six peintres majeurs du xvème siècle chacun identifié par son nom en lettres capitales fra angelico est placé à gauche avec une expression recueillie et une coiffe monastique bartolomé bermejo est représenté avec des traits hispaniques et un regard intense jan eyck arbore un bonnet typique des flandres et un visage concentré rogier van der weyden est figuré avec une posture méditative et des vêtements sobres jean fouquet porte une coiffe française et un visage fin marqué par la précision l’ensemble est traité en tons sépia avec une composition symétrique centrée sur le christ en croix portant la couronne d’épines et un pagne les artistes incarnent chacun une école régionale de la peinture religieuse du xvème siècle et sont réunis ici comme témoins de la scène sacrée
Un art avant tout religieux
La peinture du XVème siècle est dominée par la dimension religieuse. Les commandes proviennent principalement des institutions ecclésiastiques et des mécènes liés à la foi. Les artistes mettent leur talent au service de la représentation des épisodes bibliques, des saints et de la Vierge. Les fresques, retables et enluminures visent à instruire et émouvoir les fidèles. En Italie, Fra Angelico illustre la spiritualité par des compositions lumineuses et apaisées. En Flandre, Jan van Eyck et Rogier van der Weyden perfectionnent l’art du détail et de la profondeur pour magnifier les scènes sacrées. En Espagne, Bartolomé Bermejo traduit la ferveur religieuse dans des œuvres marquées par le réalisme. En France, Jean Fouquet unit tradition gothique et innovations renaissantes dans ses miniatures. Cet art est avant tout un instrument de dévotion et de pédagogie, où la beauté sert la foi et la contemplation.
Scène d’atelier artistique de la Renaissance avec figures humaines en pleine création. Au centre un peintre en robe rouge réalise le portrait d’une femme vêtue de bleu assise devant lui. À gauche un dessinateur esquisse sur un carnet. À droite un sculpteur façonne une statue masculine nue. D’autres personnages observent ou discutent. L’arrière-plan montre une architecture classique avec colonnes arches et vue sur un édifice à coupole rappelant le Duomo de Florence. L’ensemble illustre l’effervescence artistique et intellectuelle de la Renaissance avec mise en valeur de l’humanisme et de la collaboration entre disciplines.

 


La Renaissance
La Renaissance est une période de renouveau artistique et intellectuel qui s’étend du XIVe au XVIe siècle. Elle naît en Italie dans des cités comme Florence, Rome et Venise, où le mécénat des Médicis et des papes favorise l’émergence d’artistes majeurs.
 Ce mouvement s’appuie sur la redécouverte des textes antiques, le développement de l’humanisme et les progrès techniques. L’art de la Renaissance se distingue par la perspective linéaire, le réalisme anatomique, la lumière naturelle, la monumentalité des compositions et la valorisation de l’individu. Le peintre devient intellectuel et théoricien. Les sujets religieux restent dominants mais s’enrichissent de mythologie gréco-romaine, de scènes profanes, de portraits et de paysages. Les Å“uvres ne sont plus réservées aux églises mais décorent aussi les palais et les maisons bourgeoises. Giotto initie le réalisme et la profondeur. Masaccio introduit la perspective. Léonard de Vinci incarne l’artiste-scientifique. Michel-Ange sublime le corps humain dans la Chapelle Sixtine. Raphaël incarne l’harmonie et la grâce. Titien, Véronèse et Le Tintoret développent la couleur et le mouvement à Venise. Dürer et Holbein diffusent l’art renaissant en Europe du Nord. La peinture à l’huile remplace la tempera. La gravure se développe. L’architecture s’inspire des ordres antiques. La sculpture retrouve les proportions classiques. L’imprimerie favorise la diffusion des idées. La Renaissance marque la fin du Moyen Âge et le début des Temps modernes. Elle prépare les révolutions scientifiques, philosophiques et politiques à venir. L’artiste devient créateur autonome, porteur de sens et de beauté.
Scène intérieure à forte charge historique et allégorique avec architecture en arc et statues classiques. Au premier plan un artiste assis peint sur une toile tenant palette et pinceau. Autour de lui plusieurs figures emblématiques dont un homme en armure avec cape rouge une femme assise devant un livre et un personnage en tenue religieuse probablement un évêque. À l’arrière-plan d’autres observateurs et une statue de soldat romain dans une niche. L’ensemble évoque une commande artistique ou un moment de convergence entre art religion et pouvoir dans un cadre solennel et intellectuel.
Le XVIIème Siècle :
Le XVIIe siècle est marqué par l’affirmation du baroque et du classicisme dans un contexte de conflits religieux, de centralisation monarchique et d’essor des académies.
L’art devient un instrument de pouvoir, de foi et de prestige. En Italie, le baroque triomphe avec Caravage, maître du clair-obscur, qui impose un réalisme dramatique et une tension spirituelle. Bernin et Borromini transposent cette dynamique dans l’architecture et la sculpture. En Espagne, Velázquez peint la cour avec une subtilité psychologique inédite, tandis que Zurbarán et Murillo illustrent la ferveur catholique. Aux Pays-Bas, le protestantisme favorise une peinture profane et intimiste. Rembrandt explore la lumière intérieure, Vermeer sublime les scènes domestiques, Frans Hals capte l’instant. En France, le classicisme s’impose avec Poussin, Le Brun et Le Lorrain. L’art devient rationnel, structuré, porteur de valeurs morales. L’Académie royale de peinture et de sculpture, fondée en 1648, codifie les règles et hiérarchise les genres. Le roi Louis XIV utilise l’art pour glorifier son règne. Versailles devient le symbole du pouvoir absolu. La peinture religieuse reste dominante mais s’ouvre à l’histoire, au paysage, au portrait et à la nature morte. Le marché de l’art se développe, les collectionneurs se multiplient. Le XVIIe siècle est aussi celui des grandes commandes publiques, des décors monumentaux, des retables et des plafonds peints. L’artiste est à la fois serviteur du pouvoir et créateur autonome. L’art devient un langage universel, capable d’émouvoir, d’instruire et de convaincre.
La chapelle Scrovegni ou chapelle des Éremites, située à Padoue, présente un espace rectangulaire voûté en berceau, intégralement recouvert de fresques réalisées vers 1305 par Giotto di Bondone. Le plafond bleu profond est parsemé d’étoiles dorées et de médaillons représentant des figures religieuses. Les murs latéraux sont organisés en registres narratifs illustrant la vie de la Vierge Marie et de Jésus-Christ, avec une progression visuelle et théologique marquant une rupture stylistique avec l’art médiéval. À l’extrémité, un autel modeste est surmonté d’une fenêtre à vitrail, renforçant la perspective et la solennité de l’ensemble. Ce décor monumental incarne une étape fondatrice dans l’évolution de la peinture occidentale vers la Renaissance, par l’introduction de la profondeur, de l’émotion et de la narration séquentielle.

Cette Crucifixion de Giotto di Bondone (1266–1337), peinte à tempera sur bois vers 1290–1295, représente le Christ cloué sur la croix, vêtu d’un simple pagne blanc, couronné d’épines, sous l’inscription latine INRI signifiant « Iesus Nazarenus Rex Iudaeorum. L’œuvre se distingue par son fond bleu intense et son encadrement doré, typique de la transition entre art gothique et pré-Renaissance. Le corps du Christ est traité avec une attention nouvelle à l’anatomie et à l’expression de la souffrance humaine, rompant avec les conventions byzantines. Giotto introduit une tridimensionnalité dans le traitement du corps et une émotion contenue dans le visage, annonçant les innovations de la Renaissance. Cette œuvre, conservée à la Basilique Santa Maria Novella de Florence, marque l’un des premiers exemples de la volonté de Giotto de représenter le divin dans une humanité tangible, influençant durablement la peinture occidentale

Cette fresque de Giotto di Bondone (1266–1337), peinte entre 1303 et 1306 dans la chapelle Scrovegni à Padoue, se compose de trois registres illustrant des épisodes majeurs de la vie du Christ : le baptême, la résurrection et la lamentation. Dans la scène supérieure, Jean-Baptiste verse l’eau sur la tête du Christ immergé dans le Jourdain, entouré d’anges aux gestes tendres et de rochers stylisés qui structurent la composition. Au centre du registre médian, le Christ ressuscité sort du tombeau dans une posture triomphante, entouré de soldats endormis et d’anges en vol, tandis que les lignes de force et les raccourcis accentuent la profondeur et le mouvement. En bas, la lamentation montre le corps du Christ étendu, pleuré par la Vierge, Marie-Madeleine et les apôtres, dans une composition horizontale marquée par l’émotion contenue et les regards convergents. Giotto révolutionne l’art sacré en introduisant la tridimensionnalité, la narration expressive et une lumière claire qui modèle les volumes, rompant avec les conventions byzantines pour annoncer la Renaissance italienne.

 



 

 

Giotto Di Bondone (1266-1337)
Giotto di Bondone est considéré comme le père de la peinture occidentale moderne. Né en 1266 près de Florence, il rompt avec l’art byzantin en introduisant le réalisme, la profondeur et l’émotion dans la représentation picturale. Il est formé par Cimabue mais dépasse son maître en humanisant les figures religieuses. Ses fresques de la chapelle Scrovegni à Padoue marquent une révolution visuelle. Il y développe la narration, la perspective intuitive et l’expression des sentiments. Giotto peint des corps volumétriques, des visages individualisés, des gestes crédibles. Il donne à la peinture une dimension dramatique et incarnée. Il travaille aussi à Assise, Florence, Naples et Rome. Ses œuvres influencent toute la Renaissance. Dante le cite dans la Divine Comédie. Giotto est aussi architecte : il conçoit le campanile du Duomo de Florence. À sa mort en 1337, il laisse une œuvre fondatrice. Il transforme l’image religieuse en scène humaine, accessible et émotive. Il ouvre la voie à Masaccio, Fra Angelico, Piero della Francesca et Léonard de Vinci. Giotto incarne le passage du Moyen Âge à l’art moderne. Son génie réside dans la capacité à unir foi, narration et observation du réel

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Le Portrait des époux Arnolfini (1434)
Peinture à l’huile sur bois conservée à la National Gallery de Londres. Elle représente un couple bourgeois dans une chambre flamande, entouré d’objets porteurs de significations religieuses et sociales. Le miroir convexe au fond reflète deux témoins, suggérant un acte solennel. Le chandelier, le chien, les fruits et les chaussures retirées renforcent la lecture symbolique du mariage ou d’un pacte sacré. La lumière latérale, le rendu des tissus et la signature « Johannes de Eyck fuit hic » témoignent de l’innovation technique et de la volonté de l’artiste d’affirmer sa présence.
 
 
 
Jan Van Eyck (v 1390-1441)
Peintre flamand né vers 1390 à Maaseik et mort à Bruges en 1441, Jan van Eyck est une figure majeure de la peinture primitive flamande et du gothique tardif.
Actif à la cour de Jean de Bavière puis au service de Philippe le Bon, il est reconnu pour avoir perfectionné la technique de la peinture à l’huile, atteignant un degré de naturalisme et de précision inégalé. Il est l’un des premiers artistes à signer ses œuvres. Son style se caractérise par une minutie extrême dans le rendu des textures, des visages et des objets, souvent porteurs de symboles religieux dissimulés. Il est l’auteur de portraits célèbres comme L’Homme au turban rouge (1433) et de scènes religieuses telles que La Vierge du chancelier Rolin et La Vierge au chanoine Van der Paele. Il achève en 1432 le retable de L’Agneau mystique à Gand, commencé par son frère Hubert. Il participe à des missions diplomatiques pour le duc de Bourgogne, notamment en Espagne et au Portugal. Son œuvre marque une rupture avec l’art médiéval par son réalisme et son usage innovant de la lumière, influençant durablement la peinture européenne
La Nef des fous de Jérôme Bosch est une allégorie satirique de la gourmandise et de la déraison humaine, peinte vers 1500 et conservée au musée du Louvre.
Ce panneau montre une embarcation instable peuplée de personnages grotesques et hétéroclites parmi lesquels un moine franciscain une nonne un fou et plusieurs convives en pleine beuverie tous s’agitent autour d’un gâteau suspendu à une ficelle et de cerises convoitées symboles de luxure et d’impudicité un luth posé au centre renforce cette lecture morale tandis qu’un homme vomit à la proue et qu’un autre rame avec une cuillère démesurée l’arbre planté au centre du bateau remplace le mât et sert de perchoir à des figures absurdes la scène est dépourvue de gouvernail et de voile suggérant une dérive morale et spirituelle
Le Chariot de foin montre une humanité entière attirée par un immense tas de foin symbole des biens matériels et de la vanité terrestre tous les groupes sociaux y compris les religieux et les puissants s’y précipitent dans une frénésie grotesque ignorant le Christ qui les observe depuis les cieux la scène centrale est encadrée par la création d’Adam et Ève à gauche et l’Enfer à droite formant un triptyque moral sur la chute de l’humanité Bosch critique ici la cupidité universelle et l’aveuglement spirituel dans une composition foisonnante et chaotique

 

 
Jérôme Bosch (v.1450-1516)
Peintre né vers 1450 à Bois-le-Duc et mort dans la même ville en 1516, Jérôme Bosch est une figure singulière de la peinture flamande, célèbre pour son univers fantastique et moralement chargé.
Issu d’une famille de peintres, il adopte le nom abrégé de sa ville natale comme pseudonyme. Membre de la Confrérie de Notre-Dame, il bénéficie de commandes prestigieuses et d’une reconnaissance rapide auprès des élites européennes. Son œuvre se distingue par une iconographie hallucinée mêlant visions religieuses, satire sociale, folklore, alchimie et astrologie. Il peint des mondes peuplés de créatures hybrides, de monstres grotesques et de symboles ambigus, souvent organisés en triptyques. Sa technique alla prima et son usage de fonds sombres renforcent l’intensité dramatique de ses compositions. Parmi ses œuvres majeures figurent Le Jardin des délices, La Nef des fous, Le Chariot de foin, Le Jugement dernier et La Tentation de saint Antoine. Son art, à la croisée du gothique tardif et de la Renaissance, exprime une critique acerbe des passions humaines et de la corruption morale, tout en ouvrant un espace pictural libre et énigmatique. Il influence durablement les surréalistes du XXe siècle et reste une énigme interprétative majeure de l’histoire de l’art.

 

Les Mains en prière dessin à la plume et au lavis bleu réalisé vers 1508 représente deux mains jointes dans un geste de prière les doigts fins et les plis du vêtement sont rendus avec une précision anatomique remarquable ce dessin est à la fois une étude technique et une image de dévotion il incarne l’humilité la foi et la concentration spirituelle il est devenu une icône de la piété chrétienne et témoigne du sens du détail de Dürer
Saint Jérôme dans son étude
gravure réalisée en 1514 montre le savant chrétien assis dans une pièce austère entouré de symboles de méditation et de savoir un crâne posé sur la table rappelle la vanité terrestre tandis que les livres la plume et la lumière évoquent la quête de vérité et la traduction des textes sacrés le lion traditionnel compagnon de Jérôme est souvent présent dans d’autres versions cette œuvre illustre la solitude studieuse et la contemplation religieuse dans un style rigoureux et expressif

 


Albrecht Dürer (1471-1528)
Albrecht Dürer
est un artiste allemand né à Nuremberg en 1471 et mort dans la même ville en 1528. Il est considéré comme l’un des plus grands peintres et graveurs de la Renaissance nordique. Fils d’un orfèvre originaire de Hongrie, il apprend très tôt le dessin et la gravure dans l’atelier paternel puis chez le peintre Michael Wolgemut à Nuremberg.
Il voyage en Europe notamment à Bâle, Strasbourg, Venise et les Pays-Bas, où il découvre l’art italien et les principes de la perspective et des proportions idéales. Influencé par Mantegna, Bellini et Léonard de Vinci, il intègre les motifs classiques dans l’art germanique et développe une œuvre mêlant rigueur mathématique et sens du détail.
Il excelle dans la gravure sur bois et sur cuivre avec des œuvres majeures comme Le Chevalier, la Mort et le Diable, Saint Jérôme dans sa cellule et Melencolia I. Ses aquarelles font de lui l’un des premiers paysagistes européens.
Il rédige aussi des traités sur la géométrie, la perspective et les proportions du corps humain. Il est soutenu par l’empereur Maximilien Ier et signe ses œuvres d’un monogramme célèbre A surmontant un D. Son œuvre allie science et spiritualité et marque profondément l’histoire de l’art occidental.
La première scène représente la Flagellation du Christ dans un cadre architectural classique inspiré de la Renaissance italienne. Au centre, Jésus-Christ est attaché à une colonne, vêtu d’un simple pagne blanc, le corps incliné dans une posture de souffrance silencieuse. À sa droite et à sa gauche, deux bourreaux en mouvement lèvent des fouets ou des bâtons, incarnant la brutalité de l’acte. Derrière eux, un troisième homme en bleu, au visage impassible, observe la scène sans intervenir. L’arrière-plan dévoile une architecture à colonnes et arcs rappelant les constructions d’Urbino, avec une perspective rigoureuse et un sol en damier qui guide le regard vers le fond. À droite, trois personnages vêtus à la mode du Quattrocento discutent dans une cour extérieure, détachés de la scène centrale, incarnant l’indifférence du monde face à la souffrance. L’œuvre de Piero della Francesca, peinte entre 1455 et 1460, se distingue par sa lumière douce, sa géométrie parfaite et sa symbolique complexe mêlant spiritualité, politique et humanisme.
La seconde scène représente le portement de croix par Jésus-Christ, vêtu de rouge et portant une grande croix en bois au centre de la composition. Autour de lui se tiennent plusieurs figures dont des soldats en armure, des moines et des femmes en robes, parmi lesquelles une femme agenouillée tenant un voile, probablement Sainte Véronique, et une autre assise au sol levant les yeux vers lui. L’arrière-plan dévoile une cité médiévale fortifiée avec tours et remparts, intégrée dans un paysage pastoral de collines et d’arbres sous un ciel bleu. L’ensemble se distingue par la précision des vêtements historiques, la richesse architecturale et l’expression grave des visages, soulignant la solennité du moment et l’intensité spirituelle de la Passion.
La troisième scène illustre un épisode de la Légende de la Vraie Croix, centrée sur un arbre majestueux au feuillage dense, situé au cœur d’une cour entourée d’édifices inspirés de l’architecture antique et renaissante. Autour de l’arbre, plusieurs personnages vêtus de tuniques et manteaux d’époque biblique ou médiévale échangent ou observent, répartis symétriquement de part et d’autre du tronc. L’ensemble architectural évoque les constructions d’Arezzo, avec une rigueur géométrique et une perspective maîtrisée. L’œuvre, peinte entre 1452 et 1466 par Piero della Francesca, s’inscrit dans un cycle narratif complexe mêlant histoire sacrée, symbolisme chrétien et idéal humaniste, où chaque figure incarne une étape de la quête spirituelle autour de la croix du Christ.



Piero Della Francesca (v 1416-92)
Piero della Francesca
est né vers 1416 à Sansepolcro en Toscane et mort en 1492 dans la même ville.
Piero di Benedetto de Franceschi
dit Piero della Francesca naît dans une famille aisée son père est marchand d’étoffes et sa mère issue de la noblesse il reçoit une éducation soignée incluant algèbre géométrie et comptabilité ce qui nourrit son double profil de peintre et de mathématicien il apprend d’abord auprès d’Antonio di Anghiari puis devient apprenti vers 1435 chez Domenico Veneziano à Florence en 1439 il collabore avec lui aux fresques de Sant’Egidio aujourd’hui détruites en 1442 il revient à Sansepolcro où il est élu au conseil communal en 1445 il reçoit la commande du Polyptyque de la Miséricorde pour l’église locale sa renommée croissante l’amène à travailler dans les cours d’Urbino Ferrare Bologne et Ancône en 1451 il est appelé à Rimini par Sigismondo Malatesta pour décorer la chapelle des reliques du Temple Malatesta
À partir de 1452 il réalise à Arezzo son œuvre majeure les fresques de la basilique San Francesco sur la Légende de la Vraie Croix ce cycle monumental illustre sa maîtrise de la perspective et de la lumière il poursuit ses travaux dans diverses villes notamment Rome où il peint pour Pie II au Vatican et Urbino où il devient proche du duc Federico da Montefeltro il compose aussi des traités mathématiques dont De prospectiva pingendi qui expose les principes de la perspective appliquée à la peinture
Son style associe rigueur géométrique monumentalité des personnages et lumière claire influencé par Masaccio Fra Angelico Domenico Veneziano et Rogier van der Weyden il développe une peinture immobile solennelle et profondément humaine Giorgio Vasari et Luca Pacioli le reconnaissent comme maître de la perspective aux côtés de Melozzo da Forlì son influence marque l’école vénitienne ainsi que des architectes comme Bramante et Raphaël
Piero della Francesca
incarne la figure du peintre mathématicien de la Renaissance italienne sa recherche de perfection formelle et lumineuse fait de lui un des grands maîtres du Quattrocento son héritage artistique et théorique demeure essentiel dans l’histoire de l’art

Première scène religieuse représentant la Descente de Croix avec le corps inerte de Jésus-Christ soutenu par plusieurs figures vêtues de robes aux couleurs variées le torse du Christ est ceint d’un drap blanc sa tête inclinée porte une couronne d’épines son visage exprime la souffrance et la paix les personnages autour de lui manifestent le deuil et la compassion probablement Marie sa mère en robe bleue et voile blanc Marie-Madeleine en rouge et d’autres disciples ou fidèles le fond montre la croix dressée avec une inscription au sommet les gestes des personnages sont solennels les regards tournés vers le Christ ou baissés les plis des vêtements sont détaillés les carnations réalistes la composition est centrée sur le corps du Christ avec une disposition pyramidale typique de la peinture du Quattrocento l’ensemble évoque la douleur sacrée et la piété dans un style classique et équilibré inspiré de la tradition italienne du XVe siècle
 
Deuxième scène religieuse représentant l’Annonciation avec l’Ange Gabriel à gauche ailes déployées et auréole dorée tendant la main vers la Vierge Marie assise à droite tête inclinée posture humble auréole fine au-dessus du front une colombe blanche descend du ciel symbolisant le Saint-Esprit le fond architectural présente des colonnes des arcs et un dallage en perspective un vase de lys blancs posé près de Marie évoque la pureté le geste de l’ange est solennel le regard de Marie est recueilli la lumière est douce les couleurs pastel dominent la scène le style rappelle la peinture du Quattrocento avec une composition équilibrée et une symbolique chrétienne forte l’ensemble exprime la paix la grâce et le mystère de l’incarnation dans une atmosphère méditative et sacrée

Troisième scène religieuse représentant le Jugement Dernier avec au centre supérieur Jésus-Christ assis sur un trône auréolé entouré d’anges et de saints les bras ouverts dans une posture de jugement en dessous un ange resplendissant sépare les âmes bénies des âmes damnées à gauche des figures montent vers le ciel guidées par des anges aux visages sereins à droite des créatures démoniaques entraînent les damnés vers l’enfer leurs visages expriment la peur la douleur et la détresse la composition est symétrique et dense les contrastes entre lumière et obscurité renforcent la tension morale et spirituelle le style est narratif et détaillé typique de la peinture chrétienne du Quattrocento chaque personnage est individualisé les couleurs sont vives les gestes expressifs l’ensemble illustre la puissance divine la séparation des âmes et l’autorité céleste dans une vision dramatique et solennelle du salut et de la damnation

 

 

 

 

Fra Angelico (V. 1400-55)
Fra Angelico
né Guido di Pietro vers 1400 à Vicchio dans le Mugello près de Florence mort en 1455 à Rome est un peintre italien du Quattrocento dominicain connu pour la profondeur spirituelle et la clarté lumineuse de ses œuvres
Guido di Pietro
est mentionné pour la première fois en 1417 comme peintre puis il entre au couvent San Domenico de Fiesole où il prend le nom de Fra Giovanni et devient prêtre en 1427 Ses contemporains le surnomment Fra Angelico en raison de la religiosité et de la douceur de son art Il est lié au prieur Antonino Pierozzi futur archevêque de Florence Dès les années 1420 il réalise des retables et manuscrits enluminés À partir de 1438 il travaille au couvent San Marco de Florence restauré par Michelozzo sous l’impulsion de Cosme de Médicis et y peint un cycle de fresques destiné à la méditation des moines
Fra Angelico
est appelé en 1445 à Rome par le pape Eugène IV pour décorer la chapelle du Sacrement au Vatican Il poursuit ensuite ses travaux sous Nicolas V notamment dans la chapelle Nicoline Son style associe les principes de la Renaissance comme la perspective et la représentation réaliste des figures humaines à la tradition médiévale de la lumière mystique et de la fonction didactique de l’image Ses œuvres majeures comprennent l’Annonciation de San Marco et de Cortone ainsi que de nombreux retables et fresques
Il est décrit par Giorgio Vasari comme un artiste rare et parfait qui ne prenait jamais ses pinceaux sans prier Après sa mort il est vénéré comme Beato Angelico et béatifié en 1982 par Jean Paul II sous le nom de Bienheureux Jean de Fiesole Sa tombe se trouve dans la basilique Santa Maria sopra Minerva à Rome Fra Angelico reste une figure essentielle de la première Renaissance italienne et un modèle d’union entre art et spiritualité
Le Miracle de l'esclave (1548) de Le Tintoret représente l’intervention spectaculaire de saint Marc, patron de Venise, surgissant tête la première du ciel pour sauver un esclave nu condamné à un supplice public pour avoir vénéré ses reliques sans l’autorisation de son maître. L’esclave, étendu au sol, est entouré de bourreaux qui tentent de lui crever les yeux, briser les jambes et la bouche, mais tous les instruments se brisent miraculeusement. Le tableau illustre un épisode de la Légende dorée de Jacques de Voragine, mais enrichi par Le Tintoret d’éléments dramatiques et théâtraux inspirés notamment d’un bas-relief de Jacopo Sansovino. La scène se déroule dans un décor architectural oriental, baigné d’une lumière provenant de trois sources : l’avant, l’arrière et l’auréole de Marc. Les personnages expriment stupeur, agitation et émotion, notamment le maître assis à droite et les bourreaux désemparés. Le Tintoret utilise une perspective inversée et une palette de couleurs vives typique de l’école vénitienne, avec des anatomies influencées par Michel-Ange. Il se serait lui-même représenté dans l’homme barbu vêtu de noir à gauche du Turc au turban rouge. L’œuvre, commandée par la Scuola Grande di San Marco, est conservée aux Galeries de l’Académie de Venise

Apollon et Marsyas illustre le mythe antique où le satyre Marsyas, ayant osé défier le dieu Apollon dans un concours musical, est puni par un écorchement cruel. Dans la version du Pérugin (vers 1483), conservée au Musée du Louvre, Apollon est représenté debout en contrapposto, les cheveux longs, appuyé sur un bâton, avec sa lyre suspendue à un tronc et ses attributs posés au sol, tandis que Marsyas, assis sur un rocher, joue de la flûte, les cheveux courts, dans une posture dominée. Le paysage en arrière-plan, baigné de lumière dorée, évoque une ville, un pont, des collines et un fleuve, avec des oiseaux en vol symbolisant les cycles naturels. Dans les versions du XVIe siècle, notamment chez Titien ou De Ribera, l’accent est mis sur l’écorchement, interprété comme châtiment divin dans le contexte de la Contre-Réforme, ou comme libération de l’âme selon la pensée néo-platonicienne. Le corps de Marsyas, souvent attaché à un arbre, est représenté dans une tension anatomique extrême, contrastant avec la beauté froide d’Apollon. Ce thème permet aux peintres d’explorer la dualité entre beauté et laideur, spiritualité et souffrance, tout en exhibant leur maîtrise du nu et de la lumière

Le Corps de saint Marc ramené à Venise (vers 1564) de Le Tintoret représente le transfert dramatique des reliques de saint Marc depuis Alexandrie vers Venise, dans une atmosphère de panique et de mystère. La scène se déroule dans une architecture monumentale inspirée de la piazza San Marco, avec des colonnades et une coupole en arrière-plan, mais baignée d’une lumière surnaturelle et d’un ciel tourmenté. Le corps du saint est porté par des Vénitiens dans une ambiance de chaos, tandis que des figures effrayées fuient ou se prosternent, évoquant la terreur provoquée par une tempête miraculeuse. Le Tintoret joue sur les contrastes de lumière et les diagonales pour accentuer le mouvement et la tension. Les personnages sont allongés, étirés, parfois fantomatiques, dans une composition typiquement maniériste. Le tableau, commandé pour la Scuola Grande di San Marco, illustre la volonté de glorifier saint Marc comme protecteur de la République, tout en affirmant la puissance spirituelle et politique de Venise.

La quatrième image montre un portrait central représentation en buste de Le Tintoret avec front large sourcils épais regard intense nez proéminent et barbe fournie dessinée avec hachures et lignes fines sur fond sépia
Figure gauche
profil de Fra Angelico en robe dominicaine avec expression recueillie et traits doux Figure droite visage de Jean Fouquet en robe sobre avec regard concentré et calotte Figures inférieures profils de Rogier van der Weyden et Jan van Eyck avec coiffes flamandes et expressions graves
Composition centrée sur Le Tintoret entouré de quatre maîtres de la peinture religieuse du XVe siècle style graphique inspiré de la Renaissance avec noms inscrits en capitales sous chaque figure


 
 
Le Tintoret (1518-94)
Le Tintoret
né Jacopo Robusti en 1518 ou 1519 à Venise mort le 31 mai 1594 dans la même ville est un peintre majeur de la Renaissance italienne associé au courant du maniérisme
Fils du teinturier Battista Robusti il reçoit le surnom de Tintoretto signifiant petit teinturier en raison de l’activité paternelle Son enfance baigne dans l’univers des pigments et des couleurs Il aurait été brièvement élève de Titien mais leur relation conflictuelle l’amène à développer un style personnel
Il ouvre son atelier à Venise en 1538 et commence par décorer des meubles et des lambris avant de se consacrer à la peinture religieuse et historique Son style se caractérise par des compositions dramatiques une utilisation audacieuse de la lumière et des figures musclées en mouvement
Il est influencé par le dessin de Michel-Ange et la couleur de Titien comme en témoigne la devise qu’il aurait inscrite dans son atelier Il réalise de nombreuses œuvres pour les églises et les confréries vénitiennes notamment pour la Scuola Grande di San Rocco où il peint un vaste cycle de fresques
Parmi ses œuvres majeures figurent Le Paradis au Palais des Doges Suzanne et les vieillards et Saint Georges et le dragon Il est surnommé Il Furioso pour son énergie picturale et sa rapidité d’exécution
Il meurt à Venise en 1594 et est enterré dans l’église de la Madonna dell’Orto qu’il avait décorée Le Tintoret est considéré comme un précurseur de l’art baroque et un maître de la peinture vénitienne du XVIe siècle
La Tour de Babel, peinte par Pieter Bruegel l’Ancien en 1563, représente une gigantesque construction en spirale inspirée de l’architecture romaine, notamment du Colisée, avec des arches superposées et des galeries en encorbellement. Le bâtiment domine un paysage animé où des ouvriers, des charpentiers et des maçons s’affairent à différentes tâches, illustrant l’effervescence du chantier. À gauche, le roi Nimrod, vêtu richement, inspecte les travaux entouré de conseillers, incarnant l’orgueil humain à l’origine du mythe biblique. Le ciel nuageux et les teintes terreuses renforcent l’atmosphère dramatique du tableau, tandis que la ville en contrebas, inspirée de Anvers, fourmille de vie. La composition met en scène la confusion des langues et la chute de l’ambition humaine, thème central du récit de la Genèse, avec une précision architecturale et une richesse narrative typiques du style de Bruegel

La Rentrée des troupeaux, attribuée à Pieter Bruegel l’Ancien, dépeint une scène pastorale où des vachers et des paysans ramènent lentement leurs bêtes vers le village à travers un paysage vallonné. Des bovins massifs aux pelages variés avancent en file, encadrés par des personnages vêtus de tuniques rustiques, certains munis de bâtons ou de hottes. Le ciel tourmenté, aux nuées sombres et menaçantes, contraste avec la sérénité du cortège, annonçant l’arrivée de l’automne. À l’arrière-plan, une rivière serpente entre les collines, bordée de falaises et de bois touffus, évoquant les paysages de Flandre. La composition, riche en détails et en textures, illustre le lien entre l’homme, l’animal et la nature dans une atmosphère à la fois paisible et dramatique, typique du style narratif de Bruegel.

La Moisson est un tableau peint en 1565 par Pieter Bruegel l’Ancien, conservé au Metropolitan Museum of Art à New York, et appartenant à une série de six œuvres consacrées aux saisons.
La scène représente le plein été, correspondant au mois d’août et probablement aussi à septembre, période des fruits mûrs dans les calendriers flamands. L’œuvre déploie un vaste paysage champêtre où les paysans fauchent les blés sous un soleil écrasant. Au premier plan, certains travailleurs se reposent à l’ombre, d’autres mangent ou dorment, tandis que des servantes transportent des gerbes vers un chariot. Une cruche est posée au frais dans les blés, deux cailles s’envolent effrayées par les faucheurs, et un étang accueille des baigneurs. Plus loin, un verger chargé de fruits borde un pacage de village où des joueurs s’ébattent. L’ensemble traduit la richesse de la saison, la dureté du labeur et la vitalité de la vie rurale. La composition associe une observation minutieuse des gestes quotidiens à une vision panoramique de la campagne flamande, inscrivant l’activité humaine dans le cycle naturel.

 

Pieter Bruegel l'Ancien (V. 1525-69)
Pieter Bruegel l'Ancien
naît vers 1525 probablement près de Breda dans les anciens Pays-Bas espagnols bien que le lieu exact reste incertain il est actif à Anvers dès 1551 où il devient maître de la guilde de Saint-Luc il voyage en Italie entre 1552 et 1553 jusqu’à Rome réalisant des dessins de paysages alpins et siciliens qui influenceront son œuvre à son retour il travaille pour l’éditeur Hieronymus Cock et se lie avec le marchand Hans Franckert avec qui il fréquente les fêtes villageoises déguisé en paysan pour observer les mœurs rustiques il épouse en 1563 la fille de Pieter Coecke van Aelst son ancien maître et s’installe à Bruxelles où il meurt le 9 septembre 1569 il est le père de Pieter Bruegel le Jeune et de Jan Bruegel l’Ancien tous deux peintres son œuvre se distingue par une vision satirique et philosophique du monde inspirée de Bosch mais plus humaniste il peint des scènes de la vie paysanne comme Les Chasseurs dans la neige ou Le Repas de noces mais aussi des allégories morales comme La Parabole des aveugles ou La Tour de Babel son style mêle observation minutieuse du réel et symbolisme profond influencé par Érasme Lucrèce et Héraclite il est considéré comme l’un des maîtres de la Renaissance flamande
 
La Vierge et l’Enfant dans un paysage du soir est une huile sur toile peinte entre 1562 et 1565 par Titien, conservée à l’ Alte Pinakothek de Munich.

Cette œuvre tardive du maître vénitien représente la Vierge Marie assise dans un paysage crépusculaire, tenant sur ses genoux l’enfant Jésus nu qui lève les bras vers son visage. Le ciel embrasé par le soleil couchant diffuse une lumière chaude sur les deux figures, accentuant leur intimité et leur douceur. Le contraste entre les tons dorés du crépuscule et les ombres du paysage en arrière-plan crée une atmosphère à la fois sereine et dramatique. Les vêtements de Marie, rouge et bleu, sont rendus avec des touches larges et vibrantes, typiques du style tardif de Titien, qui privilégie la matière picturale et les effets de lumière. Le paysage, avec son arbre silhouetté et ses collines lointaines, encadre la scène sans la distraire, renforçant le sentiment de recueillement. Cette composition illustre la capacité de Titien à sublimer un thème religieux classique par une approche émotionnelle et picturale profondément humaine

La Femme au miroir, est une huile sur toile peinte vers 1515 par Titien, conservée au musée du Louvre à Paris.
Cette œuvre emblématique de la jeunesse de Titien représente une jeune femme vue en buste, dans une posture dynamique de trois quarts, en train d’arranger ses cheveux devant un miroir tenu par un homme. Le personnage féminin, aux longs cheveux blonds-roux, dévoile ses épaules et son bras dans une mise en scène sensuelle et intimiste. Le miroir convexe, d’origine flamande, reflète l’espace intérieur et accentue la profondeur de la composition. Le jeu de clair-obscur, les courbes du visage, du miroir et de la chevelure, ainsi que les couleurs bleu, vert et rose, confèrent à l’ensemble une douceur et une harmonie caractéristiques de l’école vénitienne. L’identité des personnages reste inconnue, bien que des hypothèses aient évoqué Alphonse Ier d’Este, Laura Dianti, ou Frédéric II Gonzague et Isabella Boschetti, toutes aujourd’hui abandonnées. L’œuvre oscille entre portrait, scène de genre et allégorie, certains y voyant une vanité illustrant les atteintes du temps sur la beauté humaine

La Vénus d’Urbin est une huile sur toile peinte en 1538 par Titien, conservée à la Galerie des Offices de Florence.
Commandée par Guidobaldo II della Rovere, duc d’Urbin, cette œuvre représente une jeune femme nue allongée sur un lit, dans une pose frontale et détendue, tenant un bouquet de fleurs dans la main droite et regardant le spectateur avec assurance. À l’arrière-plan, deux servantes fouillent dans un coffre, tandis qu’une fenêtre laisse entrer la lumière du jour. Le corps de la femme est baigné d’une lumière douce qui accentue les courbes et la carnation, tandis que les drapés rouges et blancs renforcent la sensualité de la scène. Le tableau mêle idéalisation mythologique et portrait réaliste, certains y voyant une allégorie du mariage, de la fidélité et de la fécondité, renforcée par la présence du chien couché au pied du lit. L’œuvre marque une étape décisive dans la représentation du nu féminin, influençant durablement la peinture occidentale, notamment Édouard Manet avec Olympia.


Titien (1488-1576)
Titien
né entre 1488 et 1490 à Pieve di Cadore dans la république de Venise est issu d’une famille aisée son père Gregorio Vecellio exerce des fonctions publiques dès l’âge de dix ans Titien est envoyé à Venise où il commence sa formation chez le mosaïste Sebastiano Zuccato puis entre dans l’atelier de Gentile Bellini et surtout de Giovanni Bellini il se lie d’amitié avec Giorgione avec qui il collabore notamment aux fresques du Fondaco dei Tedeschi en 1508 après la mort de Giorgione en 1510 Titien devient son héritier artistique et termine plusieurs de ses œuvres en 1511 il peint des fresques à Padoue et en 1516 succède à Giovanni Bellini comme peintre officiel de la république de Venise son atelier attire de nombreux artistes dont Le Tintoret et Le Greco il épouse Cecilia Soldano en 1525 avec qui il a trois enfants dont Pomponio et Orazio il fréquente les cours de Ferrare Mantoue et Urbin et devient le portraitiste des princes en 1530 il peint Charles Quint à Bologne puis à Augsbourg en 1548 où il est nommé comte et chevalier il travaille aussi pour Paul III Farnèse et entretient une amitié avec L’Arétin et Sansovino en 1545 il séjourne à Rome accueilli par Michel-Ange son œuvre couvre les genres religieux mythologiques et profanes avec une maîtrise exceptionnelle du coloris il meurt à Venise le 27 août 1576 victime de la peste et est enterré à Santa Maria dei Frari sa peinture influence durablement Rubens Velázquez et les maîtres du XVIIe siècle
Le Portrait du pape Jules II peint par Raphaël entre 1511 et 1512 est une huile sur bois à mi-corps représentant le pontife assis sur un fauteuil richement orné vêtu d’un surplis blanc et d’une mozzetta pourpre avec un camauro rouge sur la tête tenant un mouchoir dans sa main droite dans une posture méditative et mélancolique l’arrière-plan vert sombre accentue la solennité du personnage et la profondeur psychologique de l’œuvre qui tranche avec les portraits pontificaux traditionnels plus cérémoniels selon Giorgio Vasari le réalisme du tableau provoquait chez les spectateurs une émotion intense comme s’ils voyaient le pape vivant lui-même cette représentation marque une rupture dans l’iconographie papale influençant durablement les portraits d’autorité le tableau fut initialement exposé dans l’église Santa Maria del Popolo à Rome avant d’être déplacé et intégré à la collection Borghèse puis acquis par la National Gallery de Londres où il est aujourd’hui conservé
Jules II ordonnant les travaux du Vatican et de saint Pierre à Bramante Michel-Ange et Raphaël est une composition historique allégorique qui célèbre l’élan artistique et architectural impulsé par le pape dans le cadre de la Renaissance romaine
le tableau montre le pontife assis sur un trône au centre de la scène entouré des trois maîtres qu’il a convoqués pour transformer Rome en capitale spirituelle et artistique de la chrétienté Donato Bramante architecte du projet initial de la basilique Saint-Pierre est représenté avec des plans et instruments Michel-Ange Buonarroti sculpteur et peintre de la Chapelle Sixtine est figuré avec une posture énergique et concentrée tandis que Raphaël Sanzio jeune peintre des Chambres du Vatican incarne la grâce et l’harmonie le décor monumental avec colonnes et voûtes évoque les ambitions du nouveau Vatican voulu par Jules II della Rovere dont le regard sévère et la gestuelle déterminée traduisent la volonté politique et spirituelle de réformer l’Église par l’art la scène synthétise l’union du pouvoir religieux et du génie artistique dans une vision humaniste et triomphante de la papauté.
Sainte Catherine d’Alexandrie peinte par Raphaël vers 1507 est une huile sur bois de peuplier mesurant 71 × 55 cm conservée à la National Gallery de Londres la sainte est représentée debout dans un paysage lacustre le regard tourné vers le ciel dans une posture en contrapposto inspirée du Pérugin et de Léonard de Vinci elle est vêtue d’une robe bleue et d’un manteau rouge avec une ceinture dorée sa main droite posée sur sa poitrine exprime l’extase mystique tandis que sa main gauche repose sur la roue dentée symbole de son martyre les lignes courbes des bras et des vêtements créent un rythme sinueux et gracieux la lumière céleste éclaire son visage et accentue la spiritualité de la scène cette œuvre marque une phase transitoire entre le séjour florentin et le début de la période romaine de Raphaël elle témoigne de son intérêt pour la passion religieuse et la beauté idéale un dessin préparatoire avec piqûres de transfert est conservé au Musée du Louvre confirmant l’attribution à Raphaël cette peinture a inspiré des artistes et même des musiciens comme le groupe The Smashing Pumpkins qui l’a utilisée pour la couverture de leur album Mellon Collie and the Infinite Sadness.
 

Raphaël Sanzio (1483-1520)
Raphaël Sanzio né le 6 avril 1483 à Urbino dans les Marches italiennes est le fils du peintre Giovanni Santi il se forme très jeune dans l’atelier du Pérugin à Pérouse où il développe un style clair harmonieux et équilibré dès 1504 il s’installe à Florence influencé par Léonard de Vinci Michel-Ange et Botticelli il y peint de nombreuses madones et portraits marqués par la grâce et la douceur en 1508 il est appelé à Rome par le pape Jules II pour décorer les Chambres du Vatican notamment la célèbre fresque de L’École d’Athènes qui incarne l’idéal humaniste de la Renaissance il devient ensuite architecte en chef de la basilique Saint-Pierre sous le pontificat de Léon X et réalise aussi des tapisseries pour la Chapelle Sixtine son atelier très structuré produit de nombreuses œuvres à partir de ses dessins il entretient une relation avec Margherita Luti représentée dans La Fornarina il meurt prématurément à Rome le 6 avril 1520 à l’âge de 37 ans laissant inachevée La Transfiguration son influence est immense sur les académies des beaux-arts et sur des artistes comme Giulio Romano Nicolas Poussin et Ingres il est enterré au Panthéon de Rome considéré comme l’un des maîtres absolus de la Haute Renaissance pour sa capacité à incarner l’idéal néoplatonicien de la grandeur humaine
L’Esclave mourant sculpté par Michel-Ange Buonarroti entre 1513 et 1515 est une statue en marbre haute de 2,28 mètres conservée au Musée du Louvre à Paris elle représente un jeune homme nu dans une posture sinueuse la tête inclinée les yeux clos le bras gauche levé dans un geste d’abandon et le droit replié sur le torse le corps semble à la fois s’éveiller et s’éteindre exprimant une tension entre vie et mort cette œuvre devait initialement orner le soubassement du tombeau du pape Jules II dans la basilique Saint-Pierre de Rome mais fut écartée du projet final en 1542 selon Giorgio Vasari et Ascanio Condivi elle symboliserait soit les provinces soumises à l’autorité pontificale soit les arts affligés par la mort du pape le style incarne le mouvement non finito où certaines parties restent volontairement inachevées pour suggérer l’émergence de la forme depuis la matière en 1546 Michel-Ange offre la statue à son ami Roberto Strozzi qui l’offre ensuite au roi François Ier elle passe par les collections de Henri II puis du connétable Anne de Montmorency avant d’être saisie à la Révolution et transférée au Louvre en 1794 cette œuvre est souvent associée à L’Esclave rebelle également conservée au Louvre et incarne la puissance expressive du corps humain dans la sculpture de la Haute Renaissance.
Moïse
est représenté assis tenant les tables de la Loi son visage est grave et concentré ses sourcils froncés accentuent l’intensité de son regard sa barbe longue et ondulée descend jusqu’à sa poitrine ses cheveux sont courts et bouclés deux petites cornes émergent de son front selon une interprétation médiévale du texte hébreu ses bras puissants sont tendus l’un retenant les tables l’autre posé sur sa cuisse sa robe ample sculptée avec précision révèle les plis et la tension du tissu ses jambes sont croisées dans une posture dynamique son torse musclé et ses veines saillantes témoignent de la maîtrise anatomique de Michel-Ange Buonarroti la statue en marbre blanc se trouve dans l’église San Pietro in Vincoli à Rome elle incarne la force spirituelle et la colère contenue du prophète biblique selon la tradition chrétienne Moïse est le législateur et guide du peuple hébreu libéré d’Égypte l’œuvre est considérée comme l’un des chefs-d’œuvre de la sculpture de la Renaissance italienne
La Pietà
sculptée par Michel-Ange Buonarroti entre 1498 et 1499 représente la Vierge Marie tenant le corps sans vie de Jésus-Christ après la crucifixion l’œuvre en marbre blanc est située dans la basilique Saint-Pierre au Vatican le visage de Marie est jeune serein et empreint de douleur contenue ses yeux baissés expriment une acceptation silencieuse son voile et sa robe sont finement sculptés avec des plis profonds et réalistes le corps de Jésus repose sur ses genoux son bras droit pend mollement sa tête inclinée vers l’arrière révèle les traits apaisés de la mort ses muscles et veines sont rendus avec une précision anatomique remarquable la composition en pyramide donne stabilité et équilibre à l’ensemble la douceur des formes contraste avec la tragédie du sujet l’œuvre incarne l’idéal de beauté et de compassion de la Renaissance italienne tout en exprimant une profonde spiritualité chrétienne.

Michel-Ange Buonarroti (1475-1564)
Michel-Ange Buonarroti
né le 6 mars 1475 à Caprese en Toscane est élevé à Florence où il entre très jeune dans l’atelier de Domenico Ghirlandaio puis est accueilli au jardin des Médicis par Lorenzo de Médicis qui lui ouvre les portes de l’humanisme florentin influencé par Marsile Ficin et Savonarole il sculpte dès 1496 à Rome la célèbre Pietà pour Saint-Pierre puis revient à Florence où il réalise le monumental David en marbre en 1504 en 1508 il est appelé par le pape Jules II pour peindre la voûte de la Chapelle Sixtine qu’il achève en 1512 avec plus de trois cents figures bibliques dans une composition cosmique et tourmentée en 1536 il revient pour peindre le Jugement dernier sur le mur d’autel dans un style plus dramatique marqué par la crise religieuse et personnelle il est aussi architecte du tombeau de Jules II du projet de Saint-Pierre de Rome et du palais des Médicis à Florence son œuvre sculptée peinte et architecturale incarne la puissance expressive du corps humain et la tension spirituelle de la Renaissance il meurt à Rome le 18 février 1564 et est enterré à Santa Croce à Florence considéré comme l’un des plus grands génies de l’art occidental.
Le Crucifiement de saint Pierre peint par Michelangelo Merisi dit Le Caravage vers 1600 représente le martyre de l’apôtre selon les Actes apocryphes il est cloué sur une croix inversée la tête en bas car il se juge indigne de mourir comme Jésus-Christ la scène se déroule dans un décor sombre et dépouillé trois bourreaux soulèvent la croix dans un effort visible leurs corps sont tendus et musclés contrastant avec la vieillesse de Pierre dont le visage exprime douleur et résignation son regard est tourné vers l’autel hors champ indiquant la voie du salut selon la théologie de la Contre-Réforme la lumière dramatique éclaire les corps et les visages accentuant le réalisme et la tension la composition en spirale donne une impression de mouvement ascendant autour de la croix l’œuvre est conservée dans l’église Santa Maria del Popolo à Rome dans la chapelle Cerasi elle fait pendant à la Conversion de saint Paul et s’inscrit dans le style baroque italien par son intensité émotionnelle et son naturalisme
Le Petit Bacchus malade
peint par Michelangelo Merisi dit Le Caravage vers 1593 représente un jeune homme assis partiellement vêtu d’un drapé blanc son corps légèrement tourné vers la gauche son regard fixe et mélancolique dirigé vers le spectateur ses cheveux noirs bouclés sont ornés d’une couronne de feuilles de vigne son teint est pâle ses lèvres légèrement entrouvertes suggèrent une faiblesse physique sur le rebord devant lui sont posés deux pêches et une grappe de raisins noirs symboles de la déchéance et de la sensualité la lumière rasante met en valeur les volumes du corps et les textures des fruits le fond sombre accentue la présence du personnage et renforce l’atmosphère de malaise l’œuvre est interprétée comme une allégorie de la maladie ou de la décadence dans un style naturaliste propre au début du baroque italien elle témoigne de la maîtrise précoce de Le Caravage dans le rendu du réel et l’expression des émotions humaines.
Le Garçon avec un panier de fruits
peint par Michelangelo Merisi dit Le Caravage vers 1593 représente un jeune homme aux cheveux noirs bouclés vêtu d’un drapé clair tombant sur l’épaule son visage est tourné vers le spectateur avec une expression douce et légèrement mélancolique il tient dans ses bras un grand panier débordant de fruits mûrs dont des raisins des pommes des pêches des figues et une grenade les textures sont rendues avec un réalisme saisissant chaque fruit est détaillé avec ses imperfections et ses reflets la lumière éclaire le visage et le panier en contraste avec le fond sombre typique du clair-obscur caravagesque le corps du garçon est légèrement incliné vers la gauche ses bras tendus soutiennent le poids du panier sa peau est lisse et lumineuse évoquant la jeunesse et la sensualité l’œuvre est interprétée comme une étude de nature morte et de portrait elle témoigne de la maîtrise précoce de Le Caravage dans le rendu du réel et la captation de la lumière elle est conservée à la Galerie Borghèse à Rome et constitue un jalon important du baroque italien.
Caravage (v.1571-1610)
Caravage né le 29 septembre 1571 à Milan sous le nom de Michelangelo Merisi da Caravaggio est formé auprès de Simone Peterzano à partir de 1584 puis s’installe à Rome vers 1592 où il débute comme assistant du peintre Giuseppe Cesari dit le Cavalier d’Arpin il se fait remarquer par des œuvres de jeunesse comme Garçon avec un panier de fruits ou Les Musiciens et attire l’attention du cardinal Francesco Maria del Monte qui devient son mécène grâce à lui il reçoit des commandes prestigieuses pour les églises romaines notamment La Vocation de saint Matthieu et La Conversion de saint Paul ses tableaux révolutionnent la peinture par l’usage dramatique du clair-obscur et le réalisme parfois brutal de ses figures il connaît une célébrité fulgurante au début des années 1600 mais son tempérament violent le conduit à de nombreux démêlés judiciaires en 1606 il tue en duel Ranuccio Tomassoni et doit fuir Rome il mène ensuite une vie errante entre Naples Malte et la Sicile poursuivant son œuvre avec des chefs-d’œuvre comme La Décollation de saint Jean-Baptiste ou La Résurrection de Lazare en 1608 il est fait chevalier de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem mais en est rapidement exclu à cause de ses excès en 1610 il tente de revenir à Rome pour obtenir la grâce pontificale mais meurt le 18 juillet à Porto Ercole à l’âge de 38 ans probablement des suites de la malaria son style novateur influence durablement l’école caravagesque et des peintres tels que Rubens Rembrandt Georges de La Tour et Artemisia Gentileschi il est considéré comme l’un des grands maîtres du baroque dont l’art marie intensité dramatique et vérité humaine
La Sainte Famille à l’escalier peinte par Nicolas Poussin vers 1648 représente la Vierge Marie vêtue de rouge et de bleu tenant l’enfant Jésus au centre de la composition à gauche une femme en jaune assise tend les bras vers un autre enfant identifié comme Jean-Baptiste qui s’approche de Jésus dans un geste affectueux à droite un homme en brun assis dans l’ombre est interprété comme Joseph le fond architectural est composé de colonnes et d’un ciel nuageux visible à travers une ouverture la lumière éclaire les figures principales en soulignant les drapés et les expressions le style classique de Poussin se manifeste par la rigueur de la composition la clarté des gestes et la symbolique religieuse l’œuvre incarne l’harmonie familiale et la préfiguration du destin christique dans une atmosphère méditative propre à la peinture du Grand Siècle français elle est conservée au Musée du Louvre à Paris.

Le Jugement de Salomon représente le roi Salomon assis sur un trône surélevé vêtu d’un manteau rouge levant une main pour ordonner au soldat de trancher l’enfant au centre de la scène un soldat tient un bébé dans une main et une épée dans l’autre prêt à exécuter l’ordre deux femmes se tiennent à ses côtés l’une agenouillée implore la clémence l’autre reste debout indifférente le sol est dallé les colonnes encadrent la scène dans une architecture solennelle la lumière éclaire les visages et les gestes révélant la tension dramatique le regard du roi est grave et pénétrant les expressions des femmes traduisent la douleur et la duplicité l’œuvre illustre la sagesse du roi qui reconnaît la vraie mère par son sacrifice elle incarne la justice divine et la capacité de discernement dans la tradition biblique elle est souvent représentée dans l’art classique pour sa portée morale et politique.
L’Institution de l’Eucharistie
représente Jésus-Christ entouré de ses disciples lors de la Cène dans un intérieur architectural sobre éclairé par une lumière douce Jésus au centre vêtu de rouge et de bleu tend les bras vers le pain et la coupe posés sur la table son regard est grave et tourné vers le ciel les apôtres répartis autour de la table expriment la surprise la méditation ou la dévotion certains se penchent vers lui d’autres se retirent dans le silence la table est couverte d’un linge blanc avec quelques mets simples le fond est composé de colonnes et d’un ciel nocturne visible par une ouverture la composition est centrée sur le geste de consécration du pain et du vin symbole du corps et du sang du Christ l’œuvre illustre le moment fondateur du sacrement de l’eucharistie dans la tradition chrétienne elle incarne la solennité du mystère et la communion spirituelle entre le maître et ses disciples elle est souvent représentée dans l’art religieux du baroque italien et du classicisme français pour sa portée théologique et liturgique.


Nicolas Poussin (1594-1665)
Nicolas Poussin
né en juin 1594 au hameau de Villers près des Andelys en Normandie est le fils de Jean Poussin et de Marie de Laisement il montre très tôt un talent pour le dessin encouragé par le peintre Quentin Varin il se forme ensuite à Rouen auprès de Noël Jouvenet puis à Paris dans l’atelier de Georges Lallemand où il découvre les gravures d’après Raphaël et les décors de l’école de Fontainebleau vers 1622 il reçoit ses premières commandes religieuses et rencontre le poète italien Gian Battista Marino qui l’introduit dans les cercles artistiques romains en 1624 il part pour Rome où il s’installe définitivement il obtient la protection du cardinal Barberini et de Cassiano dal Pozzo et réalise des œuvres majeures comme Le Martyre de saint Erasme il développe un style classique nourri de références antiques et bibliques et privilégie les tableaux de chevalet destinés à des amateurs éclairés en 1630 il épouse Anne-Marie Dughet sœur du peintre Gaspard Dughet en 1640 il est appelé à Paris par Louis XIII et devient premier peintre du roi mais il préfère retourner à Rome en 1642 où il poursuit sa carrière jusqu’à sa mort le 19 novembre 1665 il est enterré dans la basilique San Lorenzo in Lucina son œuvre composée de plus de deux cents tableaux et de nombreux dessins illustre le classicisme français et exerce une influence durable sur des artistes comme Jacques-Louis David et Ingres considéré comme un peintre philosophe il incarne l’idéal de mesure et de raison dans l’art du XVIIe siècle
  Georges de la Tour (1593-1652)
  Peter Paul Rubens (1577-1640)
  Diego Velasquez (1599-1660)
La Jeune Fille à la perle peinte par Johannes Vermeer vers 1665 représente une jeune femme tournée de trois quarts vers la gauche son visage éclairé se détache sur un fond sombre ses yeux grands et brillants fixent le spectateur ses lèvres légèrement entrouvertes suggèrent une parole suspendue elle porte un turban bleu et jaune noué autour de la tête dont une partie tombe sur son épaule sa peau est lisse et lumineuse son vêtement brun est simple sans ornement la perle accrochée à son oreille gauche est volumineuse et reflète la lumière avec subtilité la composition est épurée centrée sur le visage et le bijou la lumière douce modèle les formes avec délicatesse l’œuvre est souvent qualifiée de Mona Lisa du Nord pour son mystère et son intensité elle incarne l’art du baroque hollandais par son usage du clair-obscur et sa recherche de l’intimité elle est conservée au Mauritshuis à La Haye et demeure l’un des portraits les plus célèbres de l’histoire de la peinture.
La Laitière
peinte par Johannes Vermeer vers 1658 représente une femme debout versant du lait dans un récipient posé sur une table elle porte une coiffe blanche un corsage jaune un tablier bleu et une jupe rouge son visage concentré exprime la sérénité et la dignité du travail quotidien la lumière naturelle venant d’une fenêtre à gauche éclaire la scène avec douceur révélant les textures du pain du tissu et de la céramique la table recouverte d’un linge bleu accueille un panier de pain une cruche et divers ustensiles de cuisine le mur du fond est nu avec quelques clous et une corbeille suspendue la composition est simple mais équilibrée centrée sur le geste du versement le réalisme minutieux et le jeu subtil de lumière font de cette œuvre un chef-d’œuvre du baroque hollandais elle célèbre la beauté du geste humble et la noblesse de la vie domestique elle est conservée au Rijksmuseum à Amsterdam.
La liseuse à la fenêtre
peinte par Johannes Vermeer vers 1657 représente une jeune femme debout près d’une fenêtre ouverte lisant une lettre son visage est éclairé par la lumière naturelle qui entre par la gauche révélant son expression concentrée et intime elle porte un corsage jaune à manches courtes avec un col blanc ses cheveux sont relevés en chignon derrière elle un rideau vert est tiré sur le côté dévoilant un tableau mural représentant Cupidon symbole de l’amour le mur est nu et légèrement ombré la table recouverte d’un tissu richement décoré accueille un plat une carafe et quelques objets domestiques la composition est équilibrée entre la lumière le silence et la tension émotionnelle l’œuvre incarne la maîtrise du clair-obscur et la subtilité psychologique du baroque hollandais elle est conservée à la Gemäldegalerie Alte Meister de Dresde et illustre la capacité de Vermeer à capturer l’intimité et la profondeur des scènes quotidiennes.

Jan Vermeer (1632, 75)
Jan Vermeer
né le 31 octobre 1632 à Delft est le fils de Reijnier Janszoon Vermeer aubergiste et marchand d’art et de Digna Baltus il grandit dans un milieu artisanal et commerçant qui lui donne accès au monde artistique il se forme probablement auprès de Leonaert Bramer ou de Carel Fabritius et en 1653 il est admis à la guilde de Saint-Luc de Delft la même année il épouse Catharina Bolnes issue d’une famille catholique aisée et s’installe dans la maison de sa belle-mère Maria Thins le couple aura quinze enfants dont plusieurs meurent en bas âge Vermeer peint environ trente-quatre œuvres connues aujourd’hui parmi lesquelles La Laitière La Jeune fille à la perle La Vue de Delft et L’Astronome il se spécialise dans les scènes de genre intimistes représentant des intérieurs domestiques baignés d’une lumière subtile et d’une atmosphère silencieuse son style influencé par l’école caravagesque d’Utrecht et par Pieter de Hooch se distingue par une maîtrise exceptionnelle de la perspective et du coloris il bénéficie du soutien de mécènes comme Pieter Claesz van Ruijven mais sa notoriété reste limitée à Delft et aux Provinces-Unies de son vivant en 1672 la guerre de Hollande provoque une crise économique qui affecte gravement le marché de l’art et plonge Vermeer dans des difficultés financières il meurt le 15 décembre 1675 à Delft à l’âge de 43 ans et est enterré dans l’Oude Kerk oublié après sa mort il est redécouvert au XIXe siècle grâce au critique Théophile Thoré-Burger et est aujourd’hui considéré avec Rembrandt et Frans Hals